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La discussion qui se mène sur le mouvement des policiers est sérieuse - 2.

dimanche 27 novembre 2016, par Club Politique Bastille


En effet, le sérieux s’impose et bien souvent un clou chasse l’autre et que je te remette un sou dans le bastringue…

Tout d’abord en commençant par la fin. Le Club a connu un week-end particulièrement riche. Un exposé érudit et savant le vendredi de Michèle Riot-Sarcey et un travail considérable de retour sur le passé d’une vie militante de Pierre Salvaing. Tous nous reconnaissons la profondeur de ces travaux.
Or les points de vue défendus avec brio sont radicalement contradictoires.
L’objectif de notre club n’est-il pas d’identifier et d’affronter cette contradiction et pas seulement d’apprécier le talent des protagonistes ?

Concernant cette discussion sur la Police que nous devrions aborder, en effet, très sérieusement, quelques réflexions :

Je suis d’accord avec Jacques sur l’aspect gauchiste de la caractérisation de l’Etat policier et de la répression, moulinée à l’envi. Nous ne sommes pas dans un Etat policier et l’état d’urgence ne signifie pas un passage à la dictature. Comme toujours il faut, bien sûr, affiner les analyses. Les effets de la politique gouvernementale ne sont pas les mêmes et sont ressentis différemment à Clichy-sous-Bois et à Paris. Les revendications contre les contrôles répétés et intempestifs sur les populations « identifiables » sont justes. Mais lorsque l’on parle criminalisation de l’action syndicale ou fascisation de l’Etat cela ne résiste ni à une comparaison avec Poutine ou Erdogan pour les pays les plus proches ni à une comparaison historique.
Nous savons d’expérience que le recours au catastrophisme, à l’enflure, sert à cacher une faiblesse théorique et à faire passer une banale mais nécessaire revendication démocratique en proclamation révolutionnaire.

Toutefois, il serait faux de croire qu’il ne se passe rien. Les décisions prises par le gouvernement, et tous les gouvernements occidentaux vont dans le même sens, le renforcement des fichages pour une société de Contrôle. Ici ce que nous voyons se réaliser c’est ce qu’avait vu Debord et Foucault, ce qu’analyse Agamben. Cette situation est d’ailleurs nécessaire pour la mise en place de ce que Jacques aborde vers la fin de son texte, le recours aux drones, à la robotique et au contrôle numérique (d’autant plus facile que la production de soi-même comme consommateur facilite cette démarche)
Maintenant la Police n’est pas un service et les policiers ne sont pas des salariés comme les autres. D’ailleurs ce ne sont pas des salariés (ils bénéficient d’un traitement et d’une pension ouverte sur le livre de la dette de l’Etat). Une solde pour les gendarmes. Pour l’armée une discussion à part sera nécessaire. Ce qui signifie qu’elle occupe une place à part dans le procès de production. Lorsque l’Etat fonctionnarise pour une bonne part la classe « des domestiques » majoritaire au début du XIXe siècle, la Police restera un cas à part. Ce qui veut dire qu’elle n’a ni un rôle émancipateur, ni vocation à survivre en l’état à son maître.
Certes, il ne s’agit pas de se référer au Programme qui veut la dissolution de la Police, de la Gendarmerie et la construction de milices ouvrières, ni même un recours républicano-niais à la Garde Nationale de Mélenchon. Il s’agit de voir bien sûr dans ces mouvements une dislocation politique et organisationnelle de la forme de la bourgeoisie au pouvoir, une poussée massive de la « non-classe prolétarienne » qui a fait de Trump un président et de Marine Le Pen une favorite. La jonction entre cette non-classe (Gorz, rapidement les formes socialement déchues de la société industrielle) et la fonction fantasmée du « maintien de l’ordre »(« l’ordre ancien et heureux d’avant en particulier d’avant la décolonisation ») est naturelle. Nous sommes souvent trompés dans nos analyses par la politique d’entrisme et de contrôle conjoint avec les gaullistes du PC après la Libération et par le rôle du Grand Orient dans la hiérarchie. Pour ce qui est des positionnements lors de périodes d’affrontements, et bien rien n’est figé jamais complètement mais la Libération de Paris et le passage tardif et opportuniste de la Police est un bon exemple de ce qui pourrait se passer. L’argument sociologique des origines ouvrières et paysanne des effectifs joue peu. Ce sont avant tout des déclassés et perçus comme tels ( j’appartiens à une famille d’enseignants et de gendarmes, je peux faire le fameux repli socio).

La fin de cette forme de police qui se voudrait service publique est actée. Le passage de bien de ces activités aux agences privées, secteur en expansion et avenir des politiques de « plein emploi » avec l’aide à la personne est en cours. L’objectif est un renforcement du renseignement (la réforme Sarkozy est là une imbécilité) et la formation d’unité d’élites d’interventions hyperspécialisées. Donc s’il y a une intervention à faire auprès de la Police, c’est de lui pronostiquer son avenir que même le FN ne changera pas car ces questions se traitent à un autre niveau, c’est de présenter une alternative (donc on revient au début) où des techniciens (mais en sont-ils ???) sont nécessaires dans le cadre d’une forme d’organisation de la population pour sa sécurité. Ce qu’approchaient Sophie Wahnich ou De Luca au moment des attentats de novembre.

Ce n’est qu’un début… continuons la discussion mais attention 22 v’là les flics.+
Bonne nuit.

Michel

15/11/16

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Distinguons sérieusement
Tout d’abord, « la police » est une institution, un corps d’état, chargé de faire appliquer la loi. Mais pour être plus clair, il y a la police qui court après les bandits (mais pas tous) et celle qui encercle et réprime les manifestations (mais pas toutes).
Il s’agit d’un parti (l’état), son bureau politique (le gouvernement) et son service d’ordre inféodé (la police). D’accord ?
Et puis survient Viry-Châtillon et nuit debout sur la place de la République.
Il y a ceux qui défendent une zone commerciale de la drogue et ceux qui défendent le droit à la dignité contre la loi scélérate El Khomri. Ne pas confondre .
La police aux ordres des gouvernements de droite ou de gauche, ne fait pas la distinction, tous des casseurs.
Bien sûr, ceux de Viry-Châtillon qui ont balancé un engin incendiaire sur la voiture de police sont des délinquants. Mais dans ces zones de relégation la police ne fait pas de distinction entre les délinquants et tous les laissés pour compte.

Distinguons toujours.
Au même titre, il nous faut distinguer l’immense majorité des manifestants et les quelques dizaines d’imbéciles qui croient faire la révolution en déglinguant des abris bus ou les vitrines de la Société Générale. Tant et si bien qu’on en arrive à dire que si la loi El Khomri est passée, c’est à cause de ces imbéciles. « un Comble ».
La police, elle, n’a pas fait de distinction entre les manifestants.
Elle a même organisé des provocations sur ordre du gouvernement et justifier ainsi des violences. (Flash-Ball, grenades etc… œil perdu, mort de Rémi F, ce ne sont pas des petits bobos…).
À charge pour les médias de relayer les violences en façonnant l’opinion.
Car enfin, il nous faut préciser distinctement : la police institution de l’état, qui est chargée du maintien de l’ordre (celui du CAC 40) fondé sur les lois de l’état de droit (et donc le droit de se défendre par la grève et la manifestation).
Et il y a des policiers proches du burn-out, qui manifestent pour protester contre leurs conditions de travail.

Encore une fois, distinguons en regardant de plus près. Ces policiers qui manifestent dans l’illégalité ne demandent pas de meilleures conditions dans leur métier pour assurer le « respect de la loi » mais pour plus de liberté d’action, pour ne pas être gênés par des tribunaux pointilleux, par une police des polices qui enquête et convoque un des meneurs. Ils veulent le droit de tirer comme les gendarmes. Ils veulent faire peur en attendant les machines à tuer pour ceux qui défendent une meilleure condition d’existence.
Ces policiers veulent se substituer au pouvoir judiciaire.
Hollande a déjà commencé à creuser le sillon en imposant l’état d’urgence qui ne nous protège en rien contre les terroristes.

Distinguons toujours, il y a les bandits de Viry-Châtillon qui veulent tuer pour plus de liberté d’action dans leur business. Il y a des gendarmes qui balancent des grenades pour tuer (Rémi Fraisse). Il y a des policiers qui s’assoient à trois sur la poitrine d’un individu pour tuer (Adama Traoré). Ce sont des délinquants. Comme ce policier qui balance un coup de poing à un lycéen déjà maitrisé par deux de ses collègues. C’est un délinquant, il a dit au juge qu’il avait « manqué de discernement car énervé ». Les curés qui abusent des enfants sont des délinquants à mettre au trou avec ceux qui les protègent.
Pas d’impunité pour tous les délinquants. Sont aussi des délinquants les instigateurs de la loi travail d’une grande violence. Sont des délinquants ceux qui acceptent de harceler les salariés de la poste et dont certains se suicident.
Ces délinquants sont pour un ordre policier pour la société civile en attendant un réel état policier ; le gouvernement socialiste est en train de leur en offrir les prémices avec un grand fichier. Contre la violence d’état, je suis pour l’autodéfense et donc répondre à la violence par la violence.

J’ai envie de dire comme Louise Michel « Devant un gouvernement maudit, je suis anarchiste »
Les jeunes du Grandbanquet ont choisi un titre pour leur gazette : « A l’abordage ». J’aime beaucoup, mais ils n’écoutent pas les vieux. Ils ont raison.

Jacky

20/11/16

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