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La peur a-t-elle changé de camp ?

vendredi 1er novembre 2019, par Club Politique Bastille

La peur a-t-elle changé de camp ?

Aux quatre coins du monde, la contestation sociale est exceptionnelle.
Ce sont des manifestations massives, persistantes. Elles s’intensifient de plus en plus.
Dans les pays concernés ces soulèvements ont des origines diverses.
Y-a-t’il un point commun ?
Certes, il y a un contexte international anxiogène, provoqué par la guerre économique et même la guerre contre les peuples, le réchauffement climatique qui menace la vie et la barbarie du capitalisme néo-libéral.

À Hong Kong, plus de 2 000 000 de personnes manifestent contre la loi d’extradition vers la Chine. Les manifestants ont envahi le parlement, ont bloqué l’aéroport. Les manifestations ont un caractère insurrectionnel. La loi est retirée et les manifestations continuent.
Au Chili, état d’urgence, couvre-feu, plus d’une dizaine de morts à ce jour. Rien n’y fait, ça continue. C’était à cause de l’augmentation du ticket de métro, goutte d’eau qui fait déborder le vase de la vie chère, des privatisations de tous les services publics.
En Catalogne, la condamnation ahurissante des dirigeants indépendantistes fait descendre dans la rue des centaines de milliers de gens.
Equateur, l’augmentation du prix des carburants provoque un soulèvement populaire. Le gouvernement s’enfuit et quitte la capitale. Malgré l’abrogation de l’augmentation, les manifestations continuent.
Au pays du cèdre, suite à une taxe sur une application de messagerie, les libanais descendent dans la rue et occupent les places. Ils réclament le départ du gouvernement aux cris de "À bas la corruption".
Depuis février en Algérie, c’est un soulèvement monstre contre la énième candidature de Bouteflika et malgré son retrait les manifestations continuent de plus belle. Les manifestants réclament le départ des dirigeants corrompus et ils écartent gentiment les dirigeants des partis politiques.
En Égypte depuis le coup d’état du maréchal Sissi, les manifestations étaient interdites, elles ont repris depuis septembre 2019 sachant que la répression est féroce.
En Irak, en Guinée, au Soudan, au Rojava et même en Papouasie je crois même que j’en oublie.
En France et malgré une mobilisation plus faible des GJ, ils continuent. Non ce n’est pas fini, le jour anniversaire arrive.
Ils ont montré le chemin aux hospitaliers, aux pompiers, aux cheminots. Ces derniers ont compris les manoeuvres des directions syndicales et ils sont partis en grève tous seuls.
Un exemple significatif : à Belfort les dirigeants syndicaux racontent sur BFM qu’ils ont sauvé 300 emplois. Ils oublient de dire que 500 restent sur le carreau. Au pays de Macron plans sociaux et licenciements se poursuivent. Les directions syndicales veulent négocier, alors qu’il y a rien à négocier.
Ce qui avait été arraché en janvier par les gilets jaunes a été repris depuis, une situation peu favorable à l’extinction de leur mouvement.
Interviewé sur LCI Raymond Soubie, ancien conseiller de M Sarkozy et fin connaisseur des mouvements sociaux nous parle du climat social en France.
"Les réformes nécessaires sont difficiles pour le gouvernement, Macron cherche le vaccin contre la fièvre sociale."
Il a ajouté :"Il faut se mettre autour d’une table et négocier avec les partenaires sociaux car ce qui est le plus inquiétant ce sont les mouvements qui partent seuls comme les GJ."
Partout, la surdité des gouvernements ne récolte que la colère. La colère est le début de la conscience politique ; l’indignation c’était hier.
Après les partis politiques, réduit à peau de chagrin, ce sont les directions syndicales qui ont toujours joué à faire semblant de Bastille à République ou comme certain, qui fronce le sourcil au journal de l’A2.

Tout cela est terminé. Tout cela va mourir d’inutilité.
Partout, la réponse des gouvernements est toujours la même. On matraque, mutile et tue à l’occasion.
Mais, ils lâchent toujours trop peu et toujours trop tard.
Partout ces mouvements sont plus ou moins insurrectionnels. Partout ils écartent les appareils des partis et syndicats. Partout c’est un "dégagisme" tout azimut plus précisément du système tout court.
Il me semble que c’est l’expression de cette vague planétaire grosse de soulèvements.
Bien sûr ce n’est pas l’augmentation du ticket de métro, ni celle des taxes sur le carburant ou de WhatsApp. Mais c’est la convergence de tous les tracas de la vie qui se surajoute sans arrêt.
Au bout du compte chacun est conscient de cette course imbécile à la destruction de la planète par le capitalisme néolibéral.
Ces mouvements ont conscience de l’hétérogénéité comme du combat qui les unifie. C’est le combat pour la vie.
La jeunesse et les femmes sont en première ligne face à l’urgence écologique et humaine.

Jacky

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