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Sur le mouvement ouvert cet automne 2010, Introduction à la discussion

mercredi 5 janvier 2011, par Club Politique Bastille

CHER(E)S CAMARADE

Voici "l’ introduction à la discussion" que nous avons eue lors de notre réunion du "Club socialisme maintenant" le samedi 13 novembre sur le mouvement ouvert cet automne 2010.

Comme nous l’ avons dit au début de cette réunion : bien présomptueux serait celui qui prétendrait avoir sur un mouvement aussi puissant et riche la clef des explications à lui tout seul. Dans ce sens la discussion a été très positive apportant le ressenti et la réflexion de chacun. Nous publierons les notes prises en sollicitant aux intervenants de reprendre et prolonger l’ intégralité des positions qu’ils ont exposées afin de poursuivre le débat. De même nous souhaitons pouvoir publier les réactions et opinions de tous nos lecteurs.

Déjà sur divers supports et sites paraissent des analyses très intéressantes paraissent et d’ores et déjà nous en publions certaines dont la dernière de Jean Louis Marchetti (parue sur le site "alencontre"). Nous voulons être partie prenante de ce débat sur un mouvement qui pour nous est reste ouvert même si conjoncturellement il connaît dans l’ action une pause. Ce n’est que collecitvement que pourra se dégager une compréhension commune de la situation et d’une intervention à la hauteur de cette situation.

Notons déjà que l’ annonce de la formation du "nouveau" gouvernement Sarkozy confirme bien, comme nous l’ avons analysé le samedi 13 Nvb, qu’il est un des résultats provoqué par le mouvement dans la crise des sommets gouvernementaux. Un président désorienté qui a perdu la main et qui est contraint de nommer à la tête du parti qu’il a fondé celui qui doit en prendre la direction contre lui, un repliement sur l’ex RPR, une majorité qui se divise et commence à se déchirer et à ouvrir en particulier des dossiers compromettants les uns contre les autres, un appareil d’état déstabilisé tirant à hue et à dia...

Par ailleurs nous publions aussi des documents écrits par le mouvement dans le feu de la lutte et qui permettent d’avancer sur la connaissance de ce qu’il a produit dans sa lutte contre le gouvernenement et le système et de la réflexion qui a marqué son action.
Nous publions aussi des documents sur ce qui, né lors de ces 8 semaines, s’affirme déjà marqué par la nouvelle situation, comme le mouvement d’auto organisation des professeurs stagiaires du primaire et du secondaire, comme les AG de lutte de l’ ENS...sur les réunions politiques de bilan comme celle de Noisy le Sec..

Enfin nous vous informons de la prochaine réunion publique que notre club organise la samedi 11 décembre à 14H30, où nous reprendrons notre discussion à la lumière de l’ exposé que fera notre ami Willi Hajek, militant internationaliste allemand sur le combat des travailleurs de ce pays.

SUR LE MOUVEMENT OUVERT CET AUTOMNE 2010, INTRODUCTION À LA DISCUSSION

Après les événements que nous venons de vivre, pour l’heure il n’ y a pas assez d’informations centralisées, collectées, en dehors de ce que la presse durant le conflit lui-même a relaté. Une presse, cela est assez étonnant cette fois, extrêmement superficielle, portant très peu d’informations précises ; au niveau des télévisions, souvenons-nous de la période qui s’est ouverte après 1968, où le pouvoir avait viré 200 à 300 journalistes et où l’information avait été reprise en main. Là ce n’est pas du tout le cas, l’information n’a même pas eu besoin d’être reprise en main, ce sont les rédacteurs en chef qui faisaient les journaux. Les journalistes de Radio ou France télévision expliquent que la moitié d’entre eux étaient en grève et que ceux qui n’étaient pas en grève, ce sont les cadres, qui faisaient les journaux en discussion avec Matignon. D’emblée on est revenu à une forme d’information-propagande. Remarquons bien que tout ce qu’ils ont essayé de faire a échoué. A la deuxième manifestation le mouvement était soi disant en train de s’épuiser, puis ils renouvelaient l’opération pour la troisième manifestation, pour la quatrième et ainsi de suite, c’était soi-disant l’épuisement, puis ils ont monté en épingle l’affaire des casseurs dont une bonne partie étaient des éléments de la police comme cela a été démontré, et essayé comme toujours de faire l’ amalgame avec les manifestations des jeunes … tout cela n’a pas marché.
On ne sait donc pour l’ instant que des choses parcellaires, le bilan ne pouvant être que collectif à travers les débats qui doivent s’ouvrir. Je dirai ce que j’ai pu voir en province puisque j’y étais durant quelques jours au plus fort du mouvement.

Mercredi, entre les camarades qui animent le club, nous avons commencé entre nous une discussion et tout naturellement on ne peut pas dire que chacun tire les mêmes conclusions face à un mouvement d’une telle richesse, d’une telle diversité, d’une telle importance. Je donnerai donc mon sentiment politique. Les salariés n’ont pas imposé l’abrogation de la réforme des retraites, les salariés n’ont pas gagné, mais le gouvernement a perdu. C’est évidemment une équation dialectique qu’il faut essayer d’éclairer, mais c’est une équation qui permet d’avancer dans la nuance. On pourrait préciser : les salariés ne sont pas encore victorieux, mais les gouvernants sont politiquement défaits.

Premièrement, c’est un mouvement de lutte des classes qui s’est reconnu comme tel. Il était frappant de voir que l’un des autocollants qui était le plus apprécié par les gens, c’était : « Je lutte des classes ». Cela, nous a vraiment épaté, comme une sorte de revendication de sortir du pathos, du « mouvement social », du langage d’ATTAC, du langage des avant-gardes. « Je lutte des classes », cela voulait dire quelque chose à la fois de retour en arrière et d’accès à la modernité du mouvement. Si c’est le mouvement le plus important depuis 1968 – prenons les chiffres de la police, cela évite toute discussion sur le chiffre réel des manifestants – si vous additionnez 8 fois les chiffres de la police, ils arrivent à dix ou onze millions de manifestants. C’est-à-dire une fois moins que le chiffre de la CGT, bien sûr. Jamais depuis 1968 et sur un laps de temps aussi bref, il n’y eut autant de manifestants en France. En France et dans un nombre incroyable de villes de France. En Bretagne, à Auray qui est une sous-préfecture de moins de 7000 habitants, il y a eu 800 manifestants. Auray, il n’y a pas de discussion entre la CGT et la police sur le nombre. C’est considérable, il n’y avait jamais eu de manifestation de cette importance depuis la Libération.

Deuxièmement, on peut dire que c’est un échec des organisations syndicales, plus précisément, des appareils syndicaux. Tout a été mis en œuvre, tout a été organisé pour qu’en deux ou trois semaines cela rentre avec le numéro habituel de la division entre les appareils qui disent : « salariés, vous voyez, pas moyen, on rentre à la maison ». Cela n’a pas marché et on peut ajouter que d’emblée il s’est installé un rapport de force entre le mouvement, les manifestants, les grévistes et les appareils. Les appareils n’ont pas osé aller plus loin, c’est-à-dire affronter le mouvement. Ils ont par contre essayé de l’épuiser ; certains d’entre nous pensaient, dont moi, qu’ils y arriveraient. La dernière manifestation j’avais dit à Jacky, « il n’y aura personne ». Pour une manifestation où « il ne devait y avoir personne », il y avait beaucoup de monde, et de surcroît personne n’était démoralisé, personne n’était battu ou dans la défaite. C’était un moment et rien d’autre. C’est le point le plus important : entre le CPE et ce mouvement, il s’est passé quelque chose. Au moment du CPE c’était la jeunesse qui était en avant, les appareils suivaient, encadraient. Au moment de la bataille contre les retraites, il se passe quelque chose de plus important, je veux dire une autonomie des structures syndicales par rapport aux appareils centraux. C’est le sentiment que j’ai éprouvé à Lorient, à Nantes et à Auray. Il n’y a plus de « ligne » ! Il y a des militants qui animent des structures syndicales et qui, ici ou là suivent ou ne suivent pas l’appareil de la CGT. Quand l’Elysée dit : « on s’est parlé avec Thibault les quatre premières semaines et plus après », c’est probablement vrai. Ils n’arrivaient pas à trouver le terrain d’un compromis possible. Pour nous c’est très important, mais il ne faut pas avoir le nez sur le guidon, ces processus on les a déjà vécus ! Souvenez-vous du référendum européen : les militants et les cadres moyens ont battu l’appareil, Thibault voulait le oui, les militants ont imposé le non. Depuis ce moment là, dans la CGT qui est tout de même le cœur du mouvement ouvrier français sous sa forme syndicale, il y a des éléments qui vont à la rupture, à l’affrontement. On sent ces choses-là.

Troisièmement, on doit constater : la grève dans le mouvement n’a pas été très massive, cela a été important, mais pas total. Ne nous racontons pas d’histoires. Des secteurs entiers de la classe ouvrière sont restés sur le bord de la route. Soit qu’ils aient été blessés, je pense aux enseignants qui ne sont entrés que de manière marginale dans le mouvement et sur lesquels pèse la défaite de 2003. La fonction publique territoriale n’est pas entré, la santé qui pourtant a des revendications vitales, les métallos, la RATP aussi. Contrairement à ce qu’on dit sur les raffineries, le secteur majeur c’est les cheminots : ce sont eux qui ont animé tous les piquets, qui avec peu de grévistes, alors qu’ils ne sont pas concernés à court terme par cette réforme, ce sont les cheminots qui ont été à l’avant-garde. Dans une discussion à la Gare Montparnasse ils disaient : « ce n’est même pas pour nous que nous nous battons, ce n’est pas notre problème à court terme, c’est pour la société toute entière ». Les gens écoutaient avec beaucoup de gravité.

Aujourd’hui, il y a beaucoup de textes qui sortent en disant : « nouvelles formes de lutte des classes, manifestation pas de grève, blocage des routes, « grève par procuration » etc… il faut dire la vérité, tout cela ce n’ est pas sérieux. Les confédérations ont tout fait pour qu’il n’y ait pas de grève préparée, organisée, appelée, à plus forte raison de grève générale. Le plus pervers du lot, c’était Mailly qui tous les trois jours disait : « nous sommes pour une grève public-privé de 24 heures ! » Ce qui m’a frappé dans cette répartition des rôles c’est que la classe ouvrière, le salariat, est parvenu à un niveau et pas à un autre. Elle est parvenue à faire ce mouvement formidable mais elle n’est pas arrivée à imposer la grève générale : il fallait qu’elle devienne légitime contre l’intersyndicale pour l’imposer. Jamais le mouvement n’a été à ce degré de conscience et de mobilisation. J’ajouterais même, est ce vraiment le problème ? Est-ce qu’il faut que nous fassions de la grève générale un absolu ? On connaît les dangers que cette affaire recèle. Je rappelle toujours que la France qui est mère de la grève générale (comme elle est fille aînée de l’Eglise !) n’a connu que deux grèves générales, 1936 et 1968, jamais à l’appel des organisations syndicales, toujours dans le mouvement spontané. La classe ouvrière, le salariat plus précisément ne s’est pas senti dans une suffisante santé sociale, économique, politique pour imposer la grève générale dans un seul coup d’épaule. Il faut tenir compte de ce que signifie la moyenne des salaires dans le pays, l’endettement des ménages, l’extraordinaire difficulté dans laquelle les salariés commencent à être engagés.

Elevons notre réflexion à l’échelle de l’histoire, rappelons nous les années 1930, avant les décrets Laval : 1200 cheminots ont été licenciés au bout de deux jours de grève. 3000 instituteurs révoqués. Nous, nous n’ avons jamais connu ces choses là. Ce n’est que depuis peu qu’ on retire aux les salariés du public leurs journées de grève. Nous avons sous des climats politiques extrêmement agréables. Les salariés sont aujourd’hui dans une autre situation, il suffit de voir le degré de pauvreté pour comprendre de quoi il s’agit. Nous n’avons pas suffisamment apprécié ces choses-là.

Un des traits de ce mouvement, c’est la solidarité politique. J’étais à Lorient pendant la grève, autour des raffineries. C’était la cinquième semaine : il y avait 300 à 400 militants qui étaient là de 8 heures du matin à 20 heures le soir. Beaucoup de cheminots, une cinquantaine de militants des raffineries, des gens de la navale qui arrivaient (25 à 30), les instituteurs et les fonctionnaires qui étaient là très nombreux, bref toutes les corporations, des jeunes lycéens et les paysans qui amenaient à manger avec les tracteurs-élévateurs. Qu’est ce qu’on faisait ? On discutait politique. Devant les raffineries, il y a eu des sortes de Comités d’Action qui se sont constitués, c’est-à-dire d’authentiques regroupements politiques dans la grève. On discutait de tout, sans passion excessive, avec un grand sens de la démocratie et de la responsabilité, avec un intérêt pour les jeunes lycéens et étudiants qui était magnifique. Ce que j’en retire c’est le sentiment d’une solidarité active, politique et celui aussi que Sarkozy c’est fini. Pour ces combattants, ces syndicalistes, il n’y avait pas le moindre problème, « on ne gagne pas mais lui a perdu, on règlera cela ». Et ils ne le disaient pas seulement à travers 2012.

Enfin abordons la question essentielle de ce mouvement. Globalement, je suis d’accord avec l’éditorial de Serge Halimi dans le Monde Diplomatique. Je trouve son éditorial plus intelligent que la discussion qu’on avait eue, quand il titre : « le Réveil ». C’est une bonne perception de la réalité. Les salariés français se réveillent, ils ne sont pas encore en train de frapper, mais dans ce processus, dans ce mouvement ils se sont réveillés avec l’apport exceptionnel de dizaines de milliers de jeunes. L’arrivée de la jeunesse a tout modifié. Sinon le mouvement aurait été battu. Le mouvement de la jeunesse a apporté une force, une vigueur, un dynamisme exceptionnel. Ce qui est curieux, c’est que les jeunes en entrant dans le mouvement se sont calés sur les salariés, ils n’ont pas cherchés à les dépasser. En d’autres circonstances ils auraient été à l’affrontement tout seul, là ils sont restés avec les salariés. C’était pour eux le point essentiel, rester solidaires dans le même combat pour les mêmes objectifs.

Il y a un camarade de Marseille du NPA qui a fait un texte intéressant. A la fin il pose un vrai problème : « le mouvement n’a pas eu de répondant politique… » Je crois que ce n’est pas tout à fait exact. Si on dit, « le mouvement n’a pas eu de répondant politique », on se tourne naturellement vers une hypothèse institutionnelle autour du PC et du PS. C’est inévitable. Or le mouvement est l’alternative politique, en tant que tel. C’est sur lui qu’elle s’établit, sur ce que les dix millions de salariés qui durant huit semaines ont manifesté, ont inscrit dans leur lutte politique. Eux sont l’alternative politique, pas seulement l’alternance possible, ils sont l’alternative politique, ils peuvent en bas commencer à construire, exprimer leur volonté, commencer à se regrouper comme ceux qui étaient sur les piquets de grève des raffineries et affirmer le début d’une solidarité politique. Je ne prétends pas que cela soit simple, mais un tel mouvement en a les capacités. Si on ne centre pas notre réflexion là-dessus, une fois encore on dira que les salariés, la jeunesse n’ont pas les moyens de se hisser à la hauteur de la question du pouvoir et ils doivent le confier aux organisations politiques, PS, PC et Mélenchon. Si on dessaisit le mouvement de cette capacité politique, c’est qu’on ne croit pas à la possibilité de cette prise en main par lui même. Or c’est tout le contraire. Les gens qui sont dans les arcanes du pouvoir sont très inquiets. Tant que cela reste entre les mains de la CGT, tout va bien. Avec Thibault qui est « un homme responsables », tout se passe bien. Si par malheur cela devait, comme ils disent « dégorger », Trotski disait « repousser les palissades », là les choses seraient très compliquées.

Dans le début de cette introduction nous disons : les salariés n’ont pas gagné mais Sarkozy a perdu. Avoir le mal qu’il a à constituer un gouvernement, alors qu’il est majoritaire !... « donnez moi la réforme des retraites et après vous allez voir ce que vous allez voir… ». A Séoul il a déclaré à ses partenaires que Christine Lagarde remplaçait Kouchner, que Juppé remplaçait Morin, et que comme maître du monde il présentait ses deux collaborateurs à la diplomatie et à la défense… mais interrogé par Merkel, Obama, il a dit « je rentre un peu plus tôt parce que c’est un peu le bazar à Paris, mais je n’ai pas encore décidé qui serait premier ministre ». Au-delà de ce qui appartient au personnage – le côté paranoïaque, cinglé – c’est aussi le résultat de la bataille des retraites. C’est la première illustration de la puissance du mouvement et la seconde, c’est la division à nouveau du PS. Le mouvement est à peine rentré, (ce qui aurait dû renforcer le PS) au contraire, on le voit immédiatement imploser autour du texte « Pour l’ égalité réelle ». Ajoutons une remarque sur quelque d’ incroyable : ils sont à une cordée de reprendre le pouvoir, et ils ont envoyé Jack Lang et Jean Christophe Cambadélis pour soutenir Gbagbo en Côte d’Ivoire avec le soutien officiel de Sarkozy. Ils ont donc voyagé gratuitement dans les avions de la République, certes pas dans les meilleurs, mais quand même ! C’est insensé. C’est un parti qui ne peut même plus faire semblant d’être à gauche. A peine le mouvement paraît-il fini qu’ils disent : « la retraite à soixante ans ce n’est pas exactement ce qu’on a voulu dire, on nous a mal compris ». Là aussi c’est une situation à prendre en compte. Emmanuelli a déclaré au Conseil National où ils ont adopté un projet sur l’égalité : « là on n’ est plus dans la discussion, il y a eu des millions d’hommes et de femmes dans la rue, si vous croyez qu’on pourra leur vendre des cacahuètes comme on l’a fait dans le passé, vous vous trompez. Ils peuvent voter contre Sarkozy et nous mettre en résidence surveillée ». C’est très juste. Sur ce plan, il nous faut une grande capacité de réflexion, en évitant de faire ce qu’on a toujours fait, chercher à avancer une série de mots d’ordre, de gadgets.

On peut ajouter à ce propos que les militants révolutionnaires ont joué un rôle très actif dans cette bataille. Ils y étaient, avec une particularité : les militants étaient là, mais les organisations étaient incapables de nourrir le mouvement, sauf sur le thème « avançons, avançons, avançons… » ou « reculons, reculons, reculons » avec Mailly, mais c’est la même chose : l’incapacité à engager la discussion avec ces millions de femmes et d’hommes.

La conséquence première de ce mouvement au niveau International c’est à Londres que cela se passe : 40 000 étudiants prennent d’assaut le siège du Parti Conservateur, avec les mots d’ordre scandés en français « tous ensemble ! tous ensemble, grève générale ! » . L’internationalisme prolétarien c’est cela. On pouvait penser que le salariat français était isolé, là, peut être, il va se passer quelque chose. Le salariat allemand va peut être bouger… Parce que ce serait le réveil de la classe ouvrière européenne et de la jeunesse contre le libéralisme et les traités européens.

Deuxièmement il faut être très sensible au dernier communiqué du FMI qui invite les états et les gouvernements à prendre les mesures pour de nouvelles faillites du style de celles qui ont déstabilisé la structure bancaire internationale. Il semble bien, que dans les classes dominantes, les gens sérieux disent : « la première fois on a sauvé le système bancaire et on a évité la récession, cette fois on ne s’épargnera ni l’un ni l’autre », tant la masse des capitaux est énorme et que la crise de la dette souveraine est présente dans tous les pays industriellement avancés.

Enfin nous avons affaire à un nouveau gouvernement qui ressemble à l’autre comme deux gouttes d’eau. C’est une évidence absolue, c’est une forme de désarroi politique. Rappelons nous que depuis six mois, Sarkozy dit : « tout va changer, vous allez voir ce que vous allez voir … » Mais Raffarin de son côté avance dans le Monde du samedi 13 novembre où il prend position pour Borloo contre Sarkozy et Fillon : « il faut rompre avec toute la politique sociale du gouvernement, il faut une rupture sociale ». Evidemment la bagarre va recommencer chez eux, parce que dans toute une série de secteurs de la bourgeoisie, cette affaire a révélé que Sarkozy n’était pas l’homme de la situation. La présidente du MEDEF, Parisot, ne disait trop rien jusqu’ici, alors qu’habituellement elle parle sans arrêt. Pendant les 8 semaines, elle a pris la parole une seule fois. Et puis voilà une note du MEDEF intitulée « cessez le feu ! » alors que jusque là elle était sur la ligne « avançons ! avançons ! » Le MEDEF veut signifier que le gouvernement n’a plus la possibilité d’une telle politique, et que le contraire c’est mettre, les patrons, dans une situation difficile. Il y a là un début de dislocation interne, Sarkozy n’est plus reconnu. Un journaliste disait : le président annonce une augmentation des tarifs d’EDF de 7%, après les 6% de l’an dernier et il annonce en mêm temps aux français qu’il a un nouvel avion qui a coûté 170 millions d’euros !... La classe dirigeante est inquiète, il y a un côté totalement irresponsable.

Qu’est ce qui peut se passer maintenant ? Ce qui est sûr c’est que l’opposition institutionnelle est obligée de monter au créneau. Les Verts et le PS sont obligés de se rencontrer et de faire un programme. Aubry ne peut plus rester dans le silence. Tout le monde admet, (c’est ce que dit en particulier Raffarin qui n’est pas un gauchiste), qu’il peut arriver des choses désagréables avant 2012. Le rôle de « l’opposition » c’est cela colmater les brèches pour une alternance paisible.
Pour notre part nous devrions dans les semaines qui viennent chercher à nous rassembler avec les militants pour s’adresser aux salariés, aux acteurs et combattants qui ont fait le mouvement en disant : commençons à bâtir l’alternative sinon nous subirons l’union du PS, du PC et des Verts pour nous écraser. Sinon nous allons reprendre un coup de Jospin, de Martine Aubry, de « la gauche plurielle », de « la gauche solidaire » comme ils disent maintenant. Dire la vérité aux salariés, montrer que ce que fait Zapatero en Espagne est une honte, montrer que ce que fait Papandréou est la destruction d’une société progressiste, la Grèce. La France n’échappera pas à cela si nous n’imposons pas une autre politique. Il paraît possible que dans le salariat français une telle manière d’aborder les problèmes existe. Aller vers les combattants, non pas pour les convaincre que nous avons raison, mais pour les convaincre qu’ils peuvent être le sujet de l’histoire.

Introduction à la discussion : « Club Socialisme Maintenant » Paris le 13 novembre 2010

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