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Réunion-Débat samedi 28 janvier 2017 : DE CRISE EN CRISE DE LA DIRECTION RÉVOLUTIONNAIRE JUSQU’À LA VICTOIRE FINALE

mercredi 4 janvier 2017, par Club Politique Bastille

REUNION-DEBAT sur la crise de l’humanité qui se réduirait à la crise de la direction révolutionnaire depuis la mort de Lénine le 21 janvier 1924 à 18h50. Cf pièce jointe : "Ce que je sais de ce que fut L’Organisation Communiste Internationaliste (O.C.I. pour la Reconstruction de la IVème Internationale" Pierre SALVAING 3 novembre 2016.

Débat avec Pierre Salvaing, militant aux groupes Révoltes en septembre 1965, au CLER de 1966 à 1968, à l’OCI-PCI de 1968 à 1989 puis dans le Comité de Stéphane Just de 1992 à 2005, à partir de son passionnant texte-bilan de quarante années de militantisme.

Le samedi 28 janvier 2017 à 14 heures 30 précises
EDMP - 8 impasse Crozatier - Paris 12e - Métro : Gare de Lyon

Le 28 janvier Pierre Salvaing, auteur d’un impressionnant travail sur l’OCI, introduira et provoquera un passionnant débat au club.

Naturellement, ceux qui sont passés par cette organisation sont concernés au premier chef : souhaitons qu’ils soient nombreux à y participer. Mais la discussion sur la dégénérescence de l’OCI vaut pour tous les militants révolutionnaires. Ce spectaculaire fiasco interroge l’objectif fixé, lors de la proclamation de la IVème Internationale : bâtir le parti révolutionnaire, bras armé indispensable à la victoire de la Révolution mondiale.

La crise de l’humanité a atteint des sommets, la barbarie capitaliste est à l’œuvre, l’existence même de la planète est menacée, or… la construction de « la direction révolutionnaire », sous toutes ses formes, a échoué dans tous les pays : les organisations trotskystes - toutes - ont été de scissions en exclusions de dégénérescence. Elles agonisent. Les petits groupes issus de cette désagrégation passent leur temps à critiquer leurs anciennes organisations en répétant les paroles sacrées du Programme : le parti c’est, notamment, le programme. Évidemment.

L’échec organisationnel, politique est bien sûr celui du Programme de Transition forclos depuis longtemps.

Bref, débattre de l’agonie de l’OCI en groupe de (dé)pression syndicale, c’est s’interroger sur la question du parti de type léniniste, réfléchir aux instruments politiques d’actions.

À la fin de sa vie, Marx répétait « Je doute ». Doutons et donc discutons.

club politique bastille

11/01/17


La désignation du Châtelain-Chrétien a mis fin aux gesticulations sarkosystes comme aux prudences de Juppé. L’heure est à la charité pour les pauvres, au denier du culte obligatoire, à la brutalité sociale extrême.

L’objectif est simple : tout pour les propriétaires : enrichissons-nous encore plus, plus vite, clame celui qui va supprimer l’impôt - symbolique - sur la fortune. De l’ordre bon Dieu, de l’or et de l’ordre !

C’est l’alliance du CAC et du goupillon.

Chef des dévots du Capital, bigot du libéralisme, François Fillon s’engage à frapper vite et fort. Il prend évidemment appui sur le (sale) travail de la « gauche » : CICE, suppression des charges sociales, saccage de la sécurité sociale, « réforme » de l’hôpital, loi El Khomri, etc…

Le vendéen veut s’attaquer, frontalement, à la Sécurité Sociale, au Code du travail, « réformer » le marché du travail. Fillon va donc - tenter de - s’engouffrer dans la brèche ouverte par le PS.

Tenter.

Les classes populaires ne veulent plus de la prétendue gauche.

Elles ne veulent pas plus de la véritable droite.

Il n’y a pas, malgré le battage médiatique, d’envie de F. Fillon.

François Fillon ? Un petit politicard. L’ancien premier ministre a fait traduire en français le programme libéral anglo-saxon. Pas une idée : une copie. Le candidat s’exprime peu convaincu qu’ainsi il paraîtra intelligent. Élu d’une des circonscriptions les plus riches de Paris (VIIe arrondissement) il est terne, sans talent ni allant. Il y a du Balladur chez Fillon.

Son programme inquiète, y compris dans certains secteurs de la bourgeoisie. Et si le « Blitzkrieg » qu’il veut mettre en œuvre se transformait en débâcle ?

Et puis dans l’air, un curieux sentiment : Fillon sent le moisi clérical.

Au foyer les femmes ! Quant à l’avortement conquis de haute lutte, d’une manière ou d’une autre, il sera mis en cause. C’est ce que Sens Commun et la Manif pour Tous nomment « une politique familiale ».

Il est cocasse d’entendre l’ancien premier ministre rappeler son gaullisme alors qu’il met ses pas dans ceux du Maréchal Pétain.

Tous les secteurs de la société sont dans son viseur : chômeurs, jeunes, salariés, fonctionnaires, émigrés, femmes, homosexuels…

Fillon n’est pas encore élu : imaginons qu’il le soit. De justesse, car cette fois le vote « contre le fascisme » ne marchera plus.

Imaginons.

Qui va l’emporter ?

La peur, l’angoisse des exploités impuissantés craignant l’affrontement ou l’énergie nouvelle manifestés par les combattants contre la loi El Khomri, les participants à la « Nuit Debout » ?

La résignation l’emportera-t-elle sur la mobilisation ?

C’est une question. La question.

À cet égard, il faut réfléchir à l’opération d’enfumage médiatico-idéologique menée par JL Mélenchon. Pour lui le champ social n’est plus le lieu de l’affrontement entre deux classes antagoniques, la bourgeoisie et la classe ouvrière, non, dorénavant, c’est la lutte du « bas » contre le « haut ». Le capital n’est plus un rapport social, mais une affaire de hiérarchie… ! Ce n’est plus le combat classe contre classe mais la « France insoumise » contre les sommets. La plèbe contre les élites politiques, économiques et médiatiques.

C’est une affaire sérieuse : si vous escamotez le salariat, tout n’est plus affaire que de bonnes réformes répondant aux revendications du peuple. Le poujadisme, le populisme répété en talentueuses âneries intéressées… L’affrontement escamoté, la « France insoumise » doit exprimer la « révolte du peuple » donc remettre entre les mains d’un homme providentiel le soin de régler les problèmes… Un Chavez à la française. Le bonapartisme de gauche.

La fameuse rencontre entre un « candidat et le peuple ». Retour à la case départ de la Ve République. Le débat, sur le « haut et le bas » nous vient d’Amérique Latine, de philosophes intéressés. Que tout change pour que rien ne change : ce débat s’est mené dans Podemos avec toujours le même objectif : contourner la lutte des classes. Il suffirait donc de changer les hommes, l’organisation des sommets pour que le « bas » soit satisfait. Surtout que les opprimés ne contrôlent pas leurs représentants, qu’il ne puisse révoquer, agir en permanence, pour son briser le rapport social.

Rien n’a été débattu collectivement : le candidat s’est « auto-désigné ». Il s’est coopté : comme dans la franc-maçonnerie. Foulant ainsi aux pieds, avec quel mépris pour les militants ( ! ), le contrat démocratique. L’essentiel.

Un mot sur Macron. C’est la vacuité libérale. Un produit marketé des médias. Ils n’y croyaient pas eux-mêmes, ça faisait des émissions, du papier, des débats.

Macron y a cru. L’incapacité de Hollande lui a donné des ailes. La nullité absolue des candidats à la primaire qui pour cinq d’entre eux, ont un fil à la patte, leur participation au gouvernement, les deux autres rêvant d’y arriver, donne à Macron des espoirs. Et puis, insistons, Fillon n’est pas bon mais c’est le candidat de la bourgeoisie, Macron le suppléant. Un Renzi de sous-préfecture.

Donc du rejet et du vide, Macron est arrivé. Il peut durer jusqu’en Mai.

L’opération est simple. Il y aura un écart considérable, Valls battu, entre Montebourg ou Hamon et lui. Les élus et cadres du PS et une partie de l’opinion publique exigeront et obtiendront le retrait du candidat de « gauche » pour Macron. Les électeurs, ceux qui iront voter utiliseront ce banquier libéral comme un projectile contre Fillon ! Ensuite, tous les Démocrates, Républicains, etc... s’uniront contre Marine Le Pen. Mais élu, il n’aura pas de majorité à l’assemblée. Rions. Oui rions, tant que nous pouvons…

En temps de paix, de stabilité internationale, de calme social, cette situation électorale ne mériterait même pas qu’on s’y arrête.

Aujourd’hui c’est différent. Nous sommes entré dans l’ère du chaos. Instabilité gouvernementale récurrente en Italie, Espagne, Islande, Angleterre, alors que de véritables foyers de guerre, prospèrent, au Proche et Moyen-Orient mais également au cœur de l’Europe, en Ukraine.

La guerre est de retour.

Au nom de la lutte contre les fauteurs d’attentats, chaque jour les libertés sont encadrées, réduites. Guerres locales, réchauffements climatiques, dictatures, misère, chassent les peuples sur les routes de l’exil. Les réfugiés sont les premières victimes de la nouvelle Barbarie. L’insoumis Mélenchon entend régler ces problèmes en discutant avec Poutine et Bachar El Assad !… Quant aux réfugiés, la France ne peut accueillir toute la misère du monde. On connaît le discours.

Les experts de la bourgeoisie, toujours plus nombreux, s’inquiètent du baril de poudre économique qui à chaque instant peut exploser. L’élection de Trump-Follamour est à cet égard un événement considérable.

Un mot sur l’élection elle-même. Trump est élu… par les grands électeurs alors qu’il a obtenu 2 700 000 de voix de moins qu’Hillary Clinton ! Et n’oublions pas que des millions d’électeurs se sont rassemblés sur le nom de Sanders. le candidat ne valait rien mais le processus de mobilisation anti-libéral est important et aura, inévitablement, des lendemains.

Trump veut que les USA reprennent la 1ère place sur les plans économique, militaire, stratégique. L’alliance des petits blancs marginalisés, des ouvriers déclassés, et… de Wall Street. Jamais gouvernement n’a compté tant de milliardaires. Celui qui dénonçait les banques a remis son sort à… Goldman Sachs !

Trump va pilonner les concurrents des américains. À commencer par l’Europe. Malgré les appels inquiets du directeur de la CIA à se « discipliner » dans l’expression, il va continuer, dans les faits.

L’objectif ? Accélérer la dislocation de l’Europe, faire sauter l’Euro. Restaurer la place du dollar.

À l’époque de l’Union Soviétique, traditionnellement, les USA soutenaient la construction européenne d’autant plus que les investissements américains étaient les bienvenus.

Le mur est tombé, l’URSS disloqué, l’Amérique n’a plus besoin d’une Europe solide qui devient dangereuse sur le plan de la concurrence. Il faut défaire l’ennemi. Avec les méthodes du gangster chef impérialiste un peu cinglé, feu sur Bruxelles, soutien à la Grande-Bretagne. L’Allemagne devra se soumettre ou prendre le risque d’un affrontement. Quant à la France, à l’Italie, l’Espagne, aux yeux de Trump, ils n’existent pas : des nains. Et on va voir les alliés des USA comme la Pologne jouer le cheval de Troie dans l’Europe. La messe est dite. Avancez les brancards…

Trump va s’allier avec la Russie. Les défenseurs des droits de l’homme peuvent pétitionner, il s’en moque. L’objectif, ce n’est plus l’ex-URSS, mais la Chine. Les frictions, les affrontements avec l’Empire chinois vont se multiplier. Sans que nul, aujourd’hui, ne mesure les conséquences de cette tension.

La Russie en Europe. Israël et la Turquie pour contrôler les zones de guerres au Moyen-Orient. C’est dorénavant la stratégie des USA : frapper et laisser les décombres et les guerres locales sous le contrôle des « alliés ».

Ces évènements sont considérables.

Certes, installé à la Maison Blanche, Trump s’exprimera probablement avec plus de modération. Mais le dispositif stratégique ne changera pas sauf si les classes opprimées, les peuples s’opposent à Trump et ses alliés. Ce qui n’est pas une mince affaire. Les évènements se bousculent au portillon de l’histoire. Combien dérisoire apparaît face à cette situation la campagne électorale française.

Le monde est en train de changer de base.

Protectionnisme, dumping fiscal, baisse d’impôts historique, tout le pouvoir aux pollueurs comme à la banque d’affaire. Le programme de Trump est tellurique. Les conséquences mondiales considérables d’autant que le développement de l’économie robotique-numérique ubérisée n’est pas un simple progrès technologique…

La troisième guerre mondiale n’est pas à l’ordre du jour, mais l’explosion des dépenses militaires, la multiplication des conflits locaux sans oublier qu’au bout du bout ; le protectionnisme c’est la guerre, font peser sur l’humanité des menaces considérables.

Pour ceux qui ont été exclus comme ceux qui ont quitté l’OCI, le temps du deuil est terminé. C’était au siècle dernier. L’importance, la complexité des problèmes posés à l’humanité appelle travail théorique, élaboration politique. Bien au delà des anciens trotskystes, tous ceux qui partagent ces préoccupations devraient se rassembler, donner l’exemple du débat démocratique.

Ce qui est frappant, à l’échelle mondiale, c’est la rapidité des évènements. Après une longue période de stabilité, produit du partage des responsabilités mondiales entre Washington et Moscou, a succédé une instabilité croissante. Les délais entre crise révolutionnaire et contre-révolutions sont encore réduits. L’Égypte est un parfait exemple.

C’est, me semble-t-il, en réfléchissant à ces problèmes qu’une réponse politique programmatique, peut-être discutée. À travers la dégénérescence de l’OCI, c’est l’échec de la IVe Internationale dont nous allons discuter.

Certes, mais maintenant, que faire ?

Pour le Club Politique Bastille

19/01/17

Messages

  • "L’échec organisationnel, politique est bien sûr celui du Programme de Transition forclos depuis longtemps"

    Et pourtant, nous sommes bien toujours dans la période historique de "l’ère des guerres et des révolutions" définie par Lénine et Trotsky, de celle de "l’impérialisme, stade suprême de l’impérialisme".....Aucun nouvel impérialisme, marché mondial toujours dominé par les impérialismes US, allemand, japonais, anglais, français, italien....effondrement des fameux pays émergents ( Inde, Brésil, Afrique du sud,Espagne, Portugal.....), forces destructives en plein boom avec l’économie d’armement et les guerres généralisées, le chômage et la précarité de masse, l’économie virtuelle et les bulles spéculatives destructrices de l’économie réelle....l’impossible reconstitution d’une véritable classe bourgeoise en Russie, forces productives jusqu’alors en plein boom en Chine du fait de la propriété publique encore très largement majoritaire, la planification centralisée et le yuan inconvertible (tant que la bureaucratie n’a pu encore aboutir, malgré sa politique, à la restauration pure et simple du système capitaliste comme en URSS en 1991).....
    Daniel Audoux, auteur de "l’actualité du Trotskysme", juin 2015, éditions Edilivre.

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