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Hier et Aujourd’hui

jeudi 18 août 2022, par Club Politique Bastille

Hier et Aujourd’hui

La plupart des formations de gauche, d’extrême gauche partagent la même analyse : le résultat des présidentielles et législatives illustre une nouvelle et spectaculaire séquence de « la crise de la Vème République ». Les journalistes dissertent sur les conséquences de la majorité relative de Macron. Pour la NUPES et la plupart des formations d’extrême gauche, la lecture léniniste s’impose. En haut, on ne peut plus, en bas on ne veut plus, une crise institutionnelle est probable, voire l’ouverture d’une crise plus profonde…

La NUPES se prépare d’ailleurs à une dissolution. D’autres à la grève générale… Bref, cette fois, enfin !, c’est la mort annoncée du monstre bonapartiste.

Je suis en total désaccord. Au contraire de tout ce qui a été pronostiqué depuis… 1958, il n’y a pas de « crise » de la Ve République. Jamais le Président de la République n’a dû rendre les armes. La Ve a résisté à l’amorce d’une guerre civile (l’OAS) à une véritable crise révolutionnaire, Mai 68, à la défaite du référendum de 1969 et la démission de De Gaulle. Lorsque le parti présidentiel a été battu, il y a eu cohabitation : deux fois avec la « droite », une fois avec la gauche. Résultat : Mitterrand a été réélu, Chirac également. Crise, quelle crise ?

Au contraire de tout ce qui est écrit, depuis près de 70 ans, la Ve République est solide, robuste, s’est adaptée avec souplesse aux circonstances avec le soutien des appareils.
Une précision.

La cohabitation a été possible tant que les présidentielles et les législatives ne se télescopaient pas. Une nouvelle majorité à l’Assemblée opposée à celle du Président donnait de l’air, faisait respirer, un peu, la démocratie. En réformant la constitution pour organiser de concert, la présidentielle et les législatives. Lionel Jospin (1) a renforcé la Ve République, cadenassé la vie politique. Il y a pour la bourgeoisie des hauts et des bas. Des périodes plus fastes que d’autres, l’alternances répond à ces situations.

Nombreux sont les grands capitalistes qui considèrent que leurs intérêts sont mieux défendus quand… la gauche gouverne. Elle modernise, soutient l’industrie financière, n’hésite pas, à l’image de Jospin, Hollande à subventionner à tout va le Capital, bloquer les salaires, mettre en œuvre les traités européens, en contenant de mobilisation sociale. Répétons-le : la Ve République, dispose d’une constitution solide qui s’adapte aux circonstances tant que le pouvoir du Président n’est pas remis en cause brutalement par la mobilisation révolutionnaire. JL Mélenchon a d’ailleurs mené campagne en assurant que, nommé 1er ministre, le pouvoir de Macron ne serait pas menacé. Constatons que la majorité relative de la LREM à l’Assemblée n’a pas empêché le budget d’être adopté à quelques amendements près. La prétendue « parlementarisation » du régime est une supercherie, une comédie (2). Au final, l’Assemblée, le Sénat restent des théâtres d’ombre qui confortent le pouvoir de l’Élysée. La NUPES fait du bruit, crie, multiplie les -petits- incidents mais ça ne change rien. La mise en scène de la traditionnelle motion de censure passé, LREM, LR et RN ont soutenu le gouvernement… et Coquerel élu président à la commission des finances…

Il n’y a pas de crise « mortelle » de la Ve République. Ainsi, le gouvernement de Michel Rocard sans majorité absolue a gouverné sans difficulté avec l’appui des centristes et… le 49/3. Il en sera de même pour le couple Macron-Borne, sauf si la rue, à l’image des Gilets Jaunes, menace l’Élysée. Contrairement à ce que répètent les commentateurs, il n’y a pas trois blocs politiques mais quatre.

La droite (LREM, LR et alliés), la gauche (Nupes – tant qu’elle existe), l’extrême droite (le Rassemblement National plus Zemmour) et… la majorité du pays, les abstentionnistes !
Ça fait quatre blocs !

C’est essentiellement parmi eux que les Gilets Jaunes se sont recrutés. Alliés aux salariés du rang, aux secteurs précarisés, à la jeunesse, eux et eux seuls peuvent changer l’ordre des choses en balayant le système. La rue s’imposera – ou non – en visant les sommets de l’État.
À cette condition, la Ve République n’existera plus. Dans le cas contraire, le chômage explosera à nouveau, la précarité s’accentuera, les salaires continueront à être bloqués au minima, les attentats aux libertés se poursuivront…

Le pire est possible : en bas on souffre mais pour l’heure, on ne bouge pas. Les journaux du NPA, POI, POID voient des grèves partout. C’est une illusion d’optique. Il y a quelques mobilisations – notamment dans les transports – mais pour l’heure, les résultats obtenus sont médiocres. L’inflation est à 6%, les salaires sont quasi bloqués depuis 20 ans, les augmentations arrachées vont de 1% à 3% ! La hausse des prix continue d’impacter directement les salaires et ce ne sont pas les aumônes du gouvernement qui changent la donne.

Depuis 1958, plus précisément, l’élection présidentielle au suffrage universel, la bourgeoisie tient la barre par beau temps et par tempête. Si médiocres, arrogant, soit Macron, il préside, avec plus de difficulté que lors du dernier quinquennat, mais il préside. La monture de Bonaparte, banquier d’affaire est fourbu, mais le cavalier est toujours en selle.

Depuis les Gilets Jaunes, rien de majeur ne s’est passé, sauf en outre-mer où l’affrontement social a été violent, brutal. Classe contre classe.
Les Échos ont titré : « derrière la crise politique couve une crise sociale dans les DOM TOM. »
Mais cette mobilisation d’ampleur n’a connu… aucun écho dans la Métropole… Il demeure : la mobilisation révolutionnaire est possible.

* * *

À l’occasion de la mort de Christian Nenny, de « l’hommage » honteux de IO, de nombreux camarades se sont exprimés. C’est salutaire. Souvent pour faire le procès des « méthodes de Christian » censées reproduire celles de Lambert, Chisserey, Berg, Lacaze etc… C’est sain et ces échanges doivent se poursuivre mais en évitant, autant que possible, nul n’est parfait, les attaques ad hominem. Globalement, je partage ce que P. Salvaing et R. Duguet ont écrit. Évidemment, les dirigeants portent la principale responsabilité de ce qui a été : mais n’oublions pas qu’ils ont été élus ! Et pas seulement sur liste bloquée comme c’est dorénavant la règle. Elus aux suffrages des militants. Je parle pour le CC qui ensuite nommait… les responsables à tous les niveaux, centralisme « démocratique » oblige.
Je ne me souviens d’aucune protestation politique. Or dans les années 70 c’était possible. La discussion se menait encore à peu près librement. Les permanents ne cadenassaient pas l’organisation.
Or, les textes étaient votés à l’unanimité. Répétons-le, les dirigeants sont plus responsables que les autres militants, mais nous étions tous dans la même organisation… Et nous appliquions tous la même orientation.

Au sein de la direction, souvent au niveau du BP, parfois du CC, il y avait débat, des divergences s’exprimaient. Chacun était libre. J’ai voté l’objectif des 10.000 en appliquant avec résolution, sa mise en œuvre, trainé les pieds pour la prise de l’UNEF, mais dirigé la bataille tout en craignant les conséquences de la victoire… Et puis l’activisme pour atteindre les « objectifs » m’a conduit à des réserves écrites : resté confiné au niveau de la direction. Au total, comme les autres, j’ai accepté…
Lambert n’a alors rien empêché. L’essentiel était que la discussion reste au niveau de la direction sans que les militants soient informés.

C’est à partir de ces faits que les « méthodes » peuvent être analysées, évidemment critiquées.

1) Toute l’organisation partageait l’analyse selon laquelle, la Ve République était « à l’agonie ».

2) La crise finale de la 5ème allait déboucher sur une crise révolutionnaire. Les appareils préparent donc un front populaire pour faire barrage aux masses. L’OCI en construisant un parti de 10.000 militants pouvait forger l’outil qui permettrait de faire triompher une politique anticapitaliste, pour un gouvernement PC, PS sans ministre bourgeois…
Il fallait se hâter. Nous mettre en ordre de bataille.

3) Pour aboutir, il fallait atteindre des objectifs toujours en hausse dans de nombreuses campagnes. La méthode objectif – résultat – enseigné dans toutes les écoles de commerce ! – est devenu la règle. Nous recrutions moins que prévu, mais nous recrutions. Lambert a alors permanentisé à tour de bras.
Chaque lundi matin, il réunissait au 87 ceux qu’il désignait « les chefs de service » pour faire le point sur les « résultats ».
La pression est devenue insoutenable. Il fallait continuer, mobiliser les militants. La crise de la « 5ème s’aggravait », le parti des 10.000 d’autant plus nécessaire que nous étions à l’époque de « l’imminence de la révolution ». La Révolution portugaise, la montée des oppositions en URSS, en Pologne, Tchécoslovaquie illustraient la validité de notre analyse. Sans oublier la campagne victorieuse pour la libération de Plioutch etc.
Donc, nous cravachions tous. Du sommet jusqu’à la cellule.
Qui protestait ?
Qui s’opposait ?
Personne. Au BP, je le répète, les réactions étaient plus nuancées. Pierre Salvaing, seul à avoir produit une étude sérieuse sur cette époque, a exhumé un texte que j’ai écrit : j’y manifestais mon inquiétude sur des objectifs trop élevés qui aboutissaient à une pression énorme sur les militants, un activisme dément…

Mais je n’ai pas persévéré. Stéphane Just s’inquiétait lui aussi, multipliait oralement ses inquiétudes. De surcroit, de concert nous avions mis en cause le fonctionnement financier de Lambert : notre avenir devenait compliqué. Chissereys, amoureux déçu de Lambert, brisé mais lucide nous avait prévenu : Lambert vous exclura.

Nous ne l’avons pas cru. C’est secondaire. Ce qui est déterminant, c’est que l’orientation politique s’est avérée totalement fausse. Nous annoncions « l’imminence » alors qu’après le coup d’état de Pinochet, Regan, Thatcher mettait en œuvre une stratégie mondiale : le néo-libéralisme.

Nous annoncions la mobilisation révolutionnaire des masses. Mitterrand l’a emporté sans qu’il n’y ait rien de tel. Parallèlement, la direction met en œuvre une politique d’infiltration dans le PS. Objectif : implanter des militants qui au jour J, lorsque la grève générale affrontera le Front Populaire, organisera un courant massif dans le PS qui renforcerait le parti des 10.000… La règle fixée était simple : aucun trotskyste en fraction ne devait accepter de responsabilité qui l’obligerait à diriger la politique contre-révolutionnaire de l’Union de la gauche… Je n’étais plus là lorsque le BP – à l’unanimité ! - a décidé que Lionel Jospin accepterait de devenir premier secrétaire, c’est-à-dire vice-président de la 5ème République… !
À partir de cette époque, l’OCI allait, d’exclusions en exclusions… devenir une secte ultra-centralisée, collaborant avec… la bourgeoisie à travers FO, l’UNEF, la destruction de la FEN, la « Libre Pensée »…

Je rappelle ces faits non pour justifier mais souligner que la plupart des militants de l’OCI ont mis en œuvre cette politique. Et les « méthodes » procédaient de l’équation miraculeuse de la méthode folle « objectif résultat ».

Mettre en cause C. Nenny qui a tenté, comme les autres, plus que les autres (?) de promouvoir cette orientation, c’est injuste. Chaque musicien, avec sa personnalité, son talent jouait dans l’orchestre. Probablement excessif, Christian avec ses ombres et lumières, était un constructeur, un militant brisé, comme tant d’autres par la bataille pour les « 10.000 »… et son admiration, son attachement à Lambert. Christian étant un camarade. Dans mon souvenir, il le reste : je déteste les règlements de compte. Reste un autre problème théorique majeur : la notion de Parti Révolutionnaire, modèle français du parti bolchevique. Cette phalange unie, section de la IVe Internationale « exprimant consciemment le processus inconscient » conduisant à la victoire mais qui dans aucun pays depuis la proclamation de la IVe Internationale, n’a vu le jour.

Ce parti rêvé, d’une pureté idéologique révolutionnaire, résistant évidemment à la « pression » de la société bourgeoise, marchant au feu de la révolution, grâce au centralisme démocratique et qui dans tous les pays, a échoué… Explosant, scissionnant dès que le passage du groupe à l’organisation commençait à se réaliser…

Semant sur le chemin des centaines de milliers d’anciens militants. Nous en faisons partie.
C’est, me semble-t-il, à ces problèmes que Pierre Salvaing, Robert Duguet ont commencé à réfléchir. Il faut poursuivre non pour revisiter en soit le passé mais penser à l’avenir. Transmettre.

Car, il y a convergence d’une nouvelle situation. Une aggravation probablement qualitative de la pourriture mondiale du système capitaliste. Il semble bien que les pires prédictions quasi prophétiques de Trotsky à la veille de son assassinat se concrétise. Le pire à l’ordre du jour.
Il y a convergence.

La guerre est de retour. Comme une épidémie, petits et grands impérialismes y ont recours, s’y préparent pour conquérir territoires, marchés, faire perdurer le système… Et partout, s’annonce la militarisation de l’économie. La guerre en Ukraine, les tensions en Mer de Chine sont les signaux dramatiques de cette situation…

Le Président de la Banque Morgan annonce à New York une « tornade économique et sociale » pour la planète. Les principaux dirigeants du MEDEF discutent de la crise qui s’annonce. Ce ne sera pas la crise finale mais une nouvelle vague réactionnaire. Une de plus.

La crise écologique devient concrète pour des centaines de millions d’habitants de la planète. Chaque jour, le Capital engagé dans une concurrence impitoyable aggrave la situation de la planète. Tempêtes, fonte de la banquise, incendies incontrôlables, inondations, sécheresse, crise de l’eau… Les savants du GIEC viennent de reconnaitre que leurs prévisions les plus pessimistes sont battues en brèche…

Sans exagérer, il y a convergence entre ces éléments.
Et pour l’heure, sur aucun continent, dans aucun pays, le prolétariat n’est mobilisé à la hauteur des enjeux. Et le prolétariat ne peut l’emporter, balayer le Capital qu’en entrainant avec lui toute les autres classes, couches exploitées, opprimées. Dans le cas contraire, le fascisme peut triompher.

C’est, me semble-t-il, de ces problèmes qu’il faut discuter. Fasse que la dissolution du Club Politique Bastille, la création d’un site démocratique ouvert au plus grand nombre, s’engage dans cette voie.

JK

(1) Il est amusant de constater que c’est un militant de l’OCI, en fraction au PS jusqu’en 1987 ( !) qui a fait appliquer la rigueur, privatisé comme jamais et renforcé la constitution réactionnaire…

(2) Il suffit, pour s’en convaincre, de lire dans Libération les 4 pages (!) de débat « républicain » entre M. Schiappa et Coquerel
https://www.liberation.fr/politique/alexis-corbiere-et-marlene-schiappa-debattent-nous-sommes-a-la-fin-ou-au-debut-dune-transition-democratique-20220816_SBBRA5I4RRBSZKF225BETL6SWQ/

***

Messages

  • A propos des notes de Charles, par Robert.

    Je ne suis bien sûr pas d’accord avec la question de la solidité et de la robustesse des institutions de la Vème République.

    Excuse-moi du peu, tu écris : « jamais le président de la République n’a dû rendre les armes. » En 1946 De Gaulle quitte le pouvoir parce que face à la vague révolutionnaire qui le traverse, venue de la résistance ouvrière à la double oppression nationale et sociale (1) ; il n’est pas en mesure, écrit-il dans ses mémoires de guerre, d’imposer des institutions bonapartistes au pays par la guerre civile. Les partis ouvriers, PCF en tête, sortent de la crise grâce à une Constituante remettant en selle des institutions parlementaires, celles de la IVème République. En 1958 il impose au pays la Vème république, régime bonapartiste inachevé. Mais la force de la grève générale le contraint à quitter le pouvoir en 1969 : sa position sur la régionalisation visait à achever le cadre bonapartiste de l’Etat, fondé sur le pouvoir des préfets et la résurgence des régions d’Ancien régime. Non, De Gaulle a rendu les armes ! Et pourtant De Gaulle, la place tenue dans la période de la guerre et à la Libération, puis face à l’appareil de l’armée lors de la guerre d’Algérie, c’était autre chose que les Sarkozy ou Macron…

    Solidité ? Robustesse ? Ces institutions ne tirent leur force que du renoncement du mouvement ouvrier à exercer le pouvoir pour le compte de la majorité. Lorsque De Gaulle quitte le pouvoir, il laisse le terrain ouvert pour une réponse de gauche. C’est la reconstruction du PS d’Epinay, accompagnant la crise du PCF et la montée au pouvoir de Mitterand contre les institutions du « coup d’Etat permanent ». Du moins côté cour. Côté jardin, dès 1982 la loi Defferre dite de décentralisation reprend le cadre abandonné par la démission de De Gaulle. La faune des Delors, Rocard, Auroux, plus tard Ségolène Royal et bien d’autres, fondés sur les principes du corporatisme chrétien, imposeront la continuité et l’aggravation de ces institutions dans le sens du bonapartisme. Ce sera le oui, arraché de justesse par Mitterand, à Maastricht. Mélenchon y joue sa partition, il défend le oui : le passage de Données et Arguments, son journal, à la constitution de la gauche socialiste se fait sur la base d’un accord avec la madone Marie Noëlle Lienneman, fleuron de chez Rocard. Il n’y aura pas de gauche socialiste. C’est plié en 1986.

    On ne peut aborder la situation politique présente sans revenir déjà sur ce que nous sommes, notre héritage, la caractérisation de ce qu’est le bonapartisme issu du gaullisme et en face la trahison des représentations du mouvement ouvrier, aujourd’hui leur décomposition complète. Ce qui inclut la place occupée par les organisations issues de la IVème Internationale, principalement pour la France POI et POID. La diaspora lambertiste s’est abîmée durant plusieurs décennies dans des activités de clubs politiques : il faut une autre voie. Mais Il n’y a aucune robustesse dans les institutions, elles ne restent en place que par la place occupée par les représentations très abîmées du mouvement ouvrier. Le trotskysme officiel y tient un rôle particulièrement réactionnaire. C’est lui qui monte en ligne pour préserver la continuité des institutions.

    Le POI a investi ses militants dans le mouvement des gilets jaunes, mais sur la base d’un accord avec France Insoumise : je répète pour ma part depuis de longs mois et couvrant toute la période des campagnes électorales, présidentielles et législatives, que cet accord n’est pas conjoncturel. Le POI donne une structure idéologique à l’état gazeux de la FI. Dans ma circonscription, la candidate FI n’a aucune épaisseur propre, c’est une militante du POI qui donne le la d’un faux « front unique ». La question des réunions au local du 87 suit. Mais jamais il n’est question de se saisir de la situation actuelle pour offrir la perspective d’un grand parti de démocratie sociale, répondant à la situation tant sur les questions économiques, politiques et de destruction de la biosphère par le capitalisme pourrissant. Mélenchon fuit cette question, il n’en veut pas. A cette fin il a même démantelé le PG. L’accord sur les gilets jaunes ne s’est pas fait sur la question de l’unité, de la jonction entre les organisations syndicales et politiques aux côtés de la fraction la plus pauvre du salariat qui était devant l’Elysée. Le POID a fait encore plus fort dans le reniement : il a écrit, sous la plume de Glückstein, que sous le gilet jaune est la chemise brune des SA de Röhm. Dérive complète… Enfermement du « trotskysme » dans le cadre national : la meilleure façon de combattre contre Poutine, dit le POID, c’est de combattre Macron et son propre impérialisme…

    Notre position n’est pas de dire qu’un retour d’un mouvement du type gilets jaunes peut seul balayer le système, mais de poser la question du mouvement qui peut destituer Macron en proposant une sortie politique par le haut. La question d’une Constituante souveraine, appuyée sur la mobilisation réelle, les assemblées populaires ou collectifs, comme l’ont fait les paysans indiens dans la dernière période, reste posée. S’il y a un second mouvement du même type, il est évident que la question de la sortie politique sera posée. C’est à cette sortie qu’il faut, à mon sens, travailler.

    Notes

    (1)Ce n’est pas directement le sujet de ta contribution mais il se trouve que la guerre d’Ukraine fait sortir du placard un cadavre que la IVème Internationale, pablistes et lambertistes réunis, avait soigneusement fait oublier. Les ouvriers ukrainiens, les milices territoriales, appuyées sur les syndicats indépendants prennent toute leur place contre la double oppression sociale et nationale. La position de Trotsky défendue avec acharnement dans les dernières semaines de sa vie pour la Politique Militaire Prolétarienne (PMP) prend aujourd’hui un relief particulier. Le prolétariat ukrainien, résistance armée ou non-armée, défend ses intérêts de classe dans son combat pour la reconnaissance des droits nationaux. Il y aurait là fort à dire sur les positions de la direction historique de la vieille OCI, la génération de la guerre, qui a toujours justifié la politique du défaitisme révolutionnaire et fait oublier la position de Trotsky. (Voir le numéro spécial de la Vérité Les trotskystes et la guerre de 1982)

    (2)Très peu de militants dans notre tradition politique ont lu et surtout étudié les Mémoires de guerre de Charles De Gaulle : c’est fort dommage, il y a beaucoup à apprendre de nos ennemis...

  • Lénine et Trotsky parlaient aussi de l’agonie du capitalisme dès 1917, avaient-ils pour autant tort quand on constate la formidable destruction de forces productives dès cette époque par le machinisme et l’argent comme l’explique Marx et par l’économie d’armement et les guerres comme l’ajoute Rosa Luxemburg et effectivement, 14-18, 39-45, Corée , Vietnam,etc, etc..... Irak, Syrie, Yémen, Ukraine , dizaines de guerres généralisées à l’échelle de la planète, spéculation financière massive depuis 1971, 2007-2008, 2020-2022, qui se traduit notamment par des millions de chômeurs supplémentaires , une destruction massive de la principale force productive , l’Homme travailleur , sans parler des dégâts de l’informatisation, la numérisation, la robotisation....On retrouve bien les trois causes fondamentales de destruction massive de forces productives et donc une AGONIE du SYSTEME depuis un siècle sans pour autant encore sa mort !! Que dire alors de la crise des institutions sans pour autant non plus leur mort . PLUS QUE JAMAIS, le problème est bien celui de la DIRECTION REVOLUTIONNAIRE DU PROLETARIAT, NPA et POI pour leur part passent avec armes et bagages dans le wagon de la NUPES et de LA POLITIQUE Front populiste de Mélenchon, candidat à la cohabitation avec Macron, "Front populaire dernière ressource avec le fascisme de l’impérialisme contre la révolution prolétarienne" comme le dit Trotsky. Quant à LO, elle attache son char aux journées d’action bidon des directions syndicales !
    Aujourd’hui, seul le POID comme parti au niveau national reste le point d’appui pour la construction du Parti révolutionnaire , pour la grève générale chassant Macron et
    pour le Gouvernement ouvrier entraînant avec lui la jeunesse et les couches petites bourgeoises.

  • Pourquoi mon texte n’est-il pas publié ?

  • Merci de ne pas publier ma contribution critique de l’auto- analyse de Kirsner-Berg, cela ne fait que confirmer votre sectarisme et votre totale impuissance.
    Où sont donc Sarda et Levain ?

  • Pourriez vous m’expliquer pourquoi mon texte n’est pas publié ?
    Merci de me répondre (erou@club-ibternet.fr)

  • Comment se fait-il que mon texte critique de l’analyse de J.Kirsner ne soit pas publié ?
    Est-ce l’annonce du futur site démocratique ?
    C.Berg reconnait sa totale soumission à Lambert , je me rappelle une polémique dans les années 70 où il défendait doctement l’idée qu’un Gouvernement PS-PCF pouvait ouvrir la voie au socialisme (ce que je rejetais dans deux bulletins intérieurs à l’époque sous le pseudo justement d’Erouville, ça ne nous rajeunit pas !!). On a vu la suite , "le Front populaire à la croisée des chemins !)
    Que nous propose t-il , l’autogestion à la base ? Coller à la NUPES, candidate en chef à un futur Front populaire, "dernière ressource de l’impérialisme contre la révolution prolétarienne" pour Trotsky ? Gauchir les journées d’action avec NPA et POI sans parler de LO ? Coller à la petite bourgeoisie radicalisée style Gilets jaunes ?
    Seul aujourd’hui le POID comme parti au niveau national combat pour la grève générale (eh oui, Berg, il ya eu et il y a des centaines de grèves à travers tout le pays !)
    pour chasser Macron et instaurer un Gouvernement ouvrier.
    Une agonie peut effectivement durer des dizaines d’années avant la mort , cf la Cinquième république et le système capitaliste à l’agonie lui aussi , ne survivant que par des guerres mondiales et guerres "locales" généralisées, destructeur en masse de forces productives comme l’expliquaient déjà Lénine, Trotsky et Rosa Luxemburg, et, ouf ! il a convergence de TOUTES les crises !! On peut enfin gagner, merci les prophéties bidon, l’essentiel reste bien la crise de la direction révolutionnaire et aidons tous le POID à construire l’instrument indispensable à la victoire.

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