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Molécules instables d’un processus en cours à l’issue indéterminée. Réunion-Débat du Club qui aura lieu exceptionnellement vendredi 18 mai 2018 à partir de 18h30 précises

dimanche 6 mai 2018, par Club Politique Bastille

Ces quelques échanges récents sur la liste de discussion du Club Politique Bastille démontrent la nécessité d’une Réunion-Débat du Club qui aura lieu exceptionnellement vendredi 18 mai 2018 à partir de 18h30 précises au local habituel de l’EDMP 8 impasse Crozatier, Paris 12e, Métro Gare de Lyon ou Reuilly Diderot.

Toutes et tous sont cordialement invité-e-s.

CPB

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Molécules instables d’un processus en cours à l’issue indéterminée.

Un HIATUS de Michel
et des commentaires de JK, Bernard et Patrick sur le processus en cours

Jeudi 02/05/18
18:11

Impromptu de "mon EPHAD est une ZAD"
Quelques réflexions, un impromptu comme dit Comte Sponville.

Michel

Un HIATUS

Lundi 30 avril, place de la République, dix organisations politiques appellent à un meeting pour l’unité : 302 participants.

Mardi 1° mai, 14700 manifestants devant le cortège CGT et autres, un Black block de 1200 jeunes.

En français comme en politique cela s’appelle un hiatus.

Disons clairement avant de s’emparer de ce hiatus pour en faire une analyse que tous ceux (à « gauche » bien sûr) qui se sont précipités sur les micros pour décliner le « mais que fait la police ? » sont disqualifiés définitivement. Ils ont choisi leur camp et que les chefs syndicaux ne viennent pas dire que cela brouille la colère sociale. Ils ne sont même plus majoritaires dans leurs propres manifestations.

L’habitude militante voudrait que l’on critique les deux termes du hiatus.

Répéter seul sous la pluie que l’unité des organisations permet la victoire et publier son discours sur le net.

Stigmatiser ces petits bourgeois, « sous les K-ways la plage », qui affrontent la police, ces provocateurs qui cherchent à disqualifier la juste colère de la classe ouvrière.

Tout le monde le fera plus ou moins subtilement. C’est facile et cela entraine des discussions sans fin mais aussi sans fond.

Plusieurs points sont sans doute à étudier. Les organisations politiques de gauche ou d’extrême gauche (ne plus mettre dans cette catégorie la France insoumise voir les déclarations de JLM et leurs textes) ne parlent plus qu’à elles mêmes mais surtout disent clairement qu’elles se mettent en remorque des syndicats et des collectifs porteurs des revendications. Elles ont donc quitté le terrain politique et pour certaines le terrain révolutionnaire sur lequel elle devait avoir une utilité. D’où l’impasse des 302 (302 pas 300 comme aux Thermopyles).

Pourtant, dans cette confusion, la « colère sociale » cherche à s’exprimer dans les luttes de terrain bien sûr, mais aussi dans les défilés devant le front des chef(fe)s à plumes. Ceux du cortège de tête se retrouvent dans les luttes des ZAD, dans une recherche difficile d’une voie non de résistance (la plupart savent que Macron recherche l’affrontement sur le terrain syndicalo-politique) mais de perspectives réellement révolutionnaires. Révolutionnaire et pas juste radicale.

Devant, le Black Block ne représente pas « l’expression légitime de la colère sociale », non Philippe Poutou. Cette violence (faisons toutefois la part des choses) n’est pas réactionnelle. Elle est affirmation de la volonté d’affronter l’État pour le détruire, tout au moins symboliquement. On peut bien sûr critiquer la méthode, voir le jeu dans la dialectique du pouvoir. Mais comment ne pas voir que là c’est politique !

C’est bien en interrogeant ce hiatus dont il était question plus haut, que l’on peut réfléchir à ce que devrait être une politique révolutionnaire aujourd’hui.

Question méthode, dans un texte précédent, je citais François Jullien qui montre que dans les questions identitaires de droite comme de gauche, genre, race, nation… l’interrogation positive qui permet l’émancipation de tous, porte sur les écarts et non sur les dissemblances, sur les dynamiques et non sur les essences. Ici, la question porte sur le hiatus et sur son dépassement, non par la confrontation morbide des « lignes politiques », mais par l’élaboration d’une politique révolutionnaire qui se présente frontalement contre le néolibéralisme. C’est bien là le commencement….

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Jeudi 02/05/18
22:38

Effectivement, « sous les K ways, la plage », les médias annoncent des dizaines de comparutions immédiates pour la fin de la semaine, nous verrons donc bientôt la plage.

Quant aux affrontements physiques entre les « Blacks Blocs » et la police, j’étais bien hier boulevard de l’Hôpital entre 15 heures 30 et 16 heures 30, entre Atlanta en flammes, excusez-moi, Mac Donald’s en flammes, et canons à eau, je ne portais pas de K way et je visionnais depuis des dizaines de vidéos. Excusez-moi, mais je ne voyais pas d’affrontements physiques entre les « Blacks Blocs » et la police.

Bernard

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Vendredi 04/05/18
11:29

Les évènements, minuscules évènements que nous vivons actuellement viennent nourrir nos réflexions.
Michel a raison de s’interroger.

1) Malgré la direction de la CGT qui a organisé la grève perlée de la SNCF pour tuer rapidement le mouvement, les grévistes tiennent encore. C’est l’illustration d’une véritable pugnacité. Et d’une autre manière c’est, semble-t-il, le cas à Air France. Comme souvent, les secteurs plus qualifiés sont à l’avant-garde de la lutte, dépasse le corporatisme, s’inscrivent dans un processus classique de lutte des classes. Ce sont donc de véritables mobilisations. Elles finiront bien sûr par se terminer, probablement par un échec mais la pugnacité de la résistance doit être pris en compte.

2) La convergence c’est du bidon. Ce mot d’ordre, consciemment pour les dirigeants syndicaux, inconsciemment pour tous les autres, se dresse politiquement contre la grève générale. Certes, un tel objectif n’est pas à portée de main mais c’est le seul moyen politique sérieux pour affronter le libéralisme présidentiel. On n’entend d’ailleurs plus le patronat : Bonaparte fait le travail comme jamais. Dans quelques mois, on pourra établir un bilan… Il va vite, sur tous les fronts, pour sidérer les salariés. C’est une stratégie définie mondialement par le capital, mais Macron n’est pas encore Thatcher. La situation internationale limite d’ailleurs son action. La bourgeoisie américaine, encore avec hésitation, joue sa partition sans chercher les convergences avec les autres bourgeoisies. Pour Trump maintenant, la mondialisation c’est tout pour lui. La concurrence est trop brutale. Il interdit la concurrence en menaçant de protectionnisme ! Marx avait analysé cette situation. Le texte des quatre camarades de Sud aborde ces questions en esquissant un premier bilan de la grève à la SNCF. Ça vaut pour les secteurs.

3) Les incidents à la manifestation du 1er mai étaient limités. Comme à la ZAD de Nantes, la bourgeoisie n’a pas voulu « y aller ». Elle craint un véritable affrontement avec des conséquences dramatiques. C’est cette hésitation qu’il faut suivre, qui cerne exactement la réalité du rapport de force ; l’événement majeur de la manifestation du 1er mai, ce sont les 15.000 manifestants autonomes, en tête du cortège syndical officiel. Les 1200 soit-disant black blok c’est le bout du doigt. L’essentiel, c’est le processus d’autonomisation de nombreux mouvements. La radicalisation est là. Le reste, saccages d’un MacDo, quelques poubelles, voitures brûlées, c’est secondaire. Les 1200, avant-garde ? Volonté d’affronter l’appareil d’état ? Je n’en sais rien. Ce qui est sur, c’est qu’une véritable tension gagne le pays. Malgré le caractère minoritaire, l’agitation se poursuit dans les facs, alors que les lycéens ne bougent pas encore. Tout ne va pas dans le même sens. C’est mouvant. Un mot encore : le congrès FO au-delà du sort de JC Mailly exprime également une forme de radicalisation. Au bout du bout, une désintégration des confédérations syndicales peut intervenir. À force de tout mettre en œuvre pour soutenir le capital, les syndicats peuvent, comme le PC, le PS, disparaître. Nous devrions y réfléchir.

4) Michel a vraiment raison de souligner l’échec du meeting « unitaire » de la gauche de la gauche. Cette stratégie mise en œuvre par Besancenot est un fiasco. La lutte réelle contre Macron, le patronat ne peut se mener que par l’auto-organisation. L’extrême gauche confirme son impasse. Visiblement, nous sommes probablement au début de quelque chose d’inédit.

JK

***

Vendredi 04/05/18
14:24

Entièrement OK avec l’analyse de Jacques.

Patrick

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