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La dernière réunion du Club était passionnante.

vendredi 29 juin 2018, par Club Politique Bastille

La dernière réunion du Club était passionnante. Patrick et Michel ont traité l’actualité du mouvement social mais nous avons également commencé à réfléchir au long terme. Depuis des années, le syndicalisme de « lutte » a remplacé l’idéal révolutionnaire. La revendication a écarté la révolution. Ce débat doit d’autant plus être mené que la situation internationale prend des contours inédits : l’union européenne est menacée de dislocation.

Crise gouvernementale en Allemagne menaçant Merkel, gouvernement Ligua - Cinq étoiles à Rome, Brexit à Londres, constitution autour de la Pologne d’un groupe de pays en total désaccord avec le couple franco-allemand, l’élection en Allemagne d’un puissant groupe parlementaire d’extrême droite faisant jonction avec les organisations d’extrême droite. Europe : un nouveau paysage apparaît.

L’État-major du néo-libéralisme est en crise ouverte. Depuis le « tournant » de 1983, toute la politique française a été dominée par l’application des traités européens, des décisions de la Commission Européenne. La crise qui mine l’Union Européenne va provoquer le chaos politique.

Les migrants affluent, afflueront. C’est le prix à payer pour les guerres américano-européennes au proche et moyen-orient, au Sahel. Les migrants fuient guerres, misère, dictatures… Ils sont des millions à chercher le salut. Menaces de morts, les migrants prennent tous les risques.

Les uns refusent de recevoir les réfugiés : Pologne, Hongrie, Roumanie, Bulgarie, pays baltes, Croatie, Serbie etc… Ils ont rétabli leurs frontières, foulant aux pieds les accords de Schengen.
Les autres, France, Allemagne, Espagne etc. sous la pression de l’Italie, de la Grèce, de l’Espagne, préconisent des mesures ultra-répressives (reconduction, fichage, expulsion, répression policière) camps à l’extérieur et l’intérieur des frontières européennes ! Dorénavant, contre Macron et Merkel, il y a une minorité active à la Commission ! Et la minorité refuse d’appliquer des règles qui ne sont plus communes ! Il y aura des compromis provisoires, des rustines mais le fait est établi : l’union européenne se disloque.

Cette situation est politiquement d’autant plus importante que Trump continue à frapper l’Europe. Il y a fort à parier aussi que la « solidarité européenne » va exploser lorsqu’il faudra, par exemple, négocier les droits de douanes des voitures allemandes… Jusqu’alors, les Tony Blair, Renzie, Macron s’appuyaient sur la loi européenne : les décisions de la commission européenne étaient « traduites » par les parlements nationaux. C’était le programme « commun » de tous les partis de gouvernement.
Aujourd’hui, « l’Europe qui protège » explose. Le néo-libéralisme a conduit l’espoir européen de paix de progrès économique et social à un échec. Il en porte l’entière responsabilité.

Catastrophe ? Vraiment ?

Dans un livre écrit en 2012, le banquier Matthieu Pigasse, co-actionnaire du « Monde » du « Nouvel Obs » avec Niels, actionnaire de Free, écrit dans un livre au titre savoureux « Révolutions » :
« Le pays qui sortirait de l’euro, avec l’espoir à moyen terme d’un amélioration de sa croissance grâce aux gains de compétitivité ou à l’effacement de sa dette, connaîtrait un choc négatif d’une telle intensité – commerce extérieur, explosion des taux d’intérêt, défauts et faillites en tout genre, effondrement du pouvoir d’achat et de la croissance – que ses fondements mêmes seraient remis en cause. Les pays restant dans l’euro subiraient de leur côté des pertes financières majeures et un effondrement de leur compétitivité. Surtout, la zone euro aurait perdu sa crédibilité dans le reste du monde, conduisant à un renchérissement général des taux d’intérêt et à un probable effet domino. (…) Le scénario d’un éclatement de la zone euro, impensable il y a deux ans, est aujourd’hui devenu possible ou probable »
Pigasse s’est trompé sur le délai, les rythmes : nous ne sommes pas les seuls. Mais le tableau dressé est juste.

Aujourd’hui, l’Europe refuse à des millions de migrants le salut, la survie. Comme c’était le cas à partir de 1933, en Europe pour les réfugiés juifs…

En accord avec les ministres de l’Intérieur italiens, allemands, du chancelier autrichien, Macron dénonce l’organisation humanitaire qui, avec un bateau, refuse de livrer les réfugiés aux polices Syriennes ou Lybiennes !

Demain, inévitablement, faute d’une solidarité, d’une politique commune, l’euro entrera en crise. Le néo-libéralisme a construit un monstre qui se retourne contre lui et surtout… les peuples européens.

Seuls les salariés, les opprimés, les exploités peuvent construire une Europe écologique, économique, sociale de paix.
Pour une Europe digne de ce nom, il faut briser les reins du néo-libéralisme.

À notre réunion de rentrée, en septembre, c’est bien sûr la question européenne qu’il faut, me semble-t-il, mettre à l’ordre. Inviter un conférencier introduisant le débat.
Qui a des idées ?

JK

PS : Matthieu Pigasse, Révolutions, éditions Flammarion, "Champs actuel", 2015, 224 p (1e édition 2012 chez Plon).

http://m.france24.com/fr/20120308-matthieu-pigasse-auteur-de-revolutions-invite-de-leconomie

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